Nouveau Kino-Pravda ou Vidéo-œil

J’ai très apprécié les images dans le format de vidéo analogique qui rappellent fortement les images personnelles prises par Diop dans Nous. A travers ce support spécifié et physique, une histoire familiale individuelle trouve de l’ancrage concrète dans le temps (même si dans un deuxième temps on comprend que le temps de tournage n’était pas si séparé dans le temps). D’un côté un éloignement par différence de registre d’image, et de l’autre côté il y a de légers rapprochements dans l’échelle de plan et de la musique (des sons, des chants, toujours aux moments précis) qui appellent aux spectateurs à s’approcher de ce passé. Un enjeu parallèle se trouve aussi dans ce passage avec l’extrait de Medea de Pasolini - par une fiction (un mythe) horrible pathétique on commence à comprendre, ou au moins à sentir. Cela marque certainement un style individuel d’Alice Diop, quoique sa carrière débute il n’y a pas si longtemps (en tout cas sa carrière avec le cinéma de fiction). Pareillement le motif de transport, les plans concentrant sur les lieux physiques, avec cette ambiguïté voulue entre archive et fiction / entre personnel et impersonnel (histoire et Histoire), font penser à un héritage/une parenté avec Jean Rouch - subjectivité ethno-politique, matérialité de la condition du tournage, fabulation signifiante.

En même temps, Diop est encore en expérimentation avec le traitement de la fiction. Quelque fois je sens du gaspillage d’images, par exemple on se demande si les champs-contrechamps dans la salle de cours étaient vraiment nécessaires (les plans sur les étudiants, pourquoi ?). Autrement dans la dernière séquence du procès, on a passé peut-être trop de temps avec le maître et son discours : certes c’est justifiable puisque ce personnage nous adresse directement par le choix du cadrage et du regard caméra, mais Diop nous bascule dans les plans suivants sur les jurés, la juge, ou des personnages figuratifs qui n’ajoutent pas à approfondir le discours mais en revanche déduisent l’effet de l’adresse direct. Et le fait que ces plans sur le maître signifie alors moins de droit aux images au personnage central du film, Laurence Coly. (Quelle déception de ne pas la voir presque plus alors que c’est la dernière séquence où on doit vraiment sentir sa présence ?!?!) Il fallait faire de l’économie des champs-contrechamps pour ne pas confuser les sentiments, car les formes nous parlent autant que les discours politiques.

Sur ce, on encouragerait Diop à vraiment explorer plus le mélange des médiums (vidéo, numérique, etc.) qui n’est pas moins une façon puissante de produire des fictions émouvantes d’où se dévoile éventuellement un réel spécifique - un cinéma de vérité.

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